mardi 1 novembre 2011

« C'est un art de contempler ce que les ans nous apportent plutôt que ce dont ils nous privent. » - André Gide - Les cahiers de la petite dame

J’ai eu un anniversaire en or… À commencer par le jour même. Visez plutôt :

Dès le matin, mon téléphone n’a cessé de sonner, de vibrer, de se manifester de quelque façon que ce soit. Facebook ? Idem.

J’arrive au bureau et mon ancienne chef de projet – que j’adore – m’y attend déjà avec un cadeau de circonstance : une boîte à mouchoirs que nous avions repérée ensemble et que je kiffe.

J’avais préparé un petit déj pour mes collègues, histoire de bien commencer la journée. Et fêter autre chose que des départs, c’est toujours bon pour la cohésion des équipes (oh my God, ça y est, j’ai 30 ans, je parle comme un vrai manager !).

Sur la table de réunion, transformée pour l’occasion en « chariot des desserts », il y avait des jus de fruits variés, des muffins framboises-pépites de chocolat (mon œuvre), un cake abricots-amande (mon œuvre aussi), 70 pancakes (merci ma stagiaire), de la confiture maison, un fondant au chocolat (merci l’autre stagiaire tout aussi efficace) et des madeleines… Bref, un combiné de glucides, de lipides et d’acides gras trans. Bon appétit !

Pour la première fois, nous étions TOUS réunis, y compris ceux qui ne montent jamais. Et ils ont chanté pour moi. Trop la classe mais je suis toujours un peu mal à l’aise d’être le centre de l’attention devant tant de public…

D’autant plus qu’on me suggère de faire un discours / un show / une danse sur la table au milieu des gâteaux / la version combo : un show-danse en chantant sur la table au milieu des gâteaux ! J’hésite parce que le grand collègue charmant me fait un clin d’œil, mais je considère ne pas être assez bourrée pour ça. On verra samedi.

Je me vois remettre un paquet de ma marque de bijoux préférée : Lila Conti, qui contient un bracelet et une bague sur lesquels j’avais craqué et que j’adore ! Sans parler de la carte qui l’accompagne : un montage de ma tête sur une petite fille en tutu, ou comment mettre en scène la jeunesse éternelle… Je suis touchée bien sûr, je ne m’attendais pas à ça mais je décide que finalement, c’est pas mal 30 ans.

De retour à mon poste, je constate que les stagiaires ont recouvert mon poste de ballons de baudruche, ce qui a l’avantage d’égayer un peu mon bureau borgne (parce que sans fenêtre).

La matinée passe très vite, je n’en glande pas une, je le reconnais humblement, et à midi, je décide de manger sur place parce que j’ai pas faim (forcément) et parce que c’est sympa quand on est réunis à l’agence. Je me paie un Sushishop d’anniversaire, et tandis que j’essaie de ne pas faire de splash de sauce soja sur ma tenue, un livreur vient déposer… un superbe bouquet de 30 roses !

Héhé, si ça c’est pas cool. Mais… qui est-ce ? Un admirateur transi ? Une déclaration ? J’arrache le petit mot plus vite que mon ombre, et glisse très très lentement la petite carte de l’enveloppe pour constater que non, point d’amoureux caché derrière cette douce attention, mais tout simplement… mes parents ! Trop chou.

L’après-midi passe vite, bien que je sois toujours aussi peu motivée par les tâches qui m’incombent. Allez, on va dire qu’aujourd’hui, exceptionnellement, j’ai tous les droits. Et ça me va bien comme ça !

18H : Le mari de ma collègue passe me chercher… en Harley Davidson. Pas le modèle Easy Rider ou Johnny Hallyday, je vous rassure. Ça fait un petit moment que je les charrie pour grimper sur l’engin, moi, la blondinette qui n’a pourtant jamais enfourché un autre 2 roues que mon vélo Décathlon. Je passe donc aux toilettes enfiler un jean et un blouson par-dessus ma tenue du jour pour être un peu plus dans le ton. C’est là que le stress commence à grimper. Un collègue me file un casque, des gants, et 30 et une astuces pour ne pas mourir ni faire cramer ma chaussure. Attention, j’adooore mes André bleues à talons alors c’est sans nul doute cette dernière recommandation que je retiendrai. Enfin c’est ce que je croyais jusqu’à ce que mon chauffeur me fasse remarquer que ce serait bien de me tenir à lui si je ne veux pas partir en arrière quand il accélère. Ah oui, ça aussi, en effet, ça peut me servir. Bon, j’ai 30 ans aujourd’hui, je ne vais pas me dégonfler parce que quelque chose me dit que…

Je n'ai besoin de personne
En Harley Davidson
Je n'reconnais plus personne
En Harley Davidson
J'appuie sur le starter
Et voici que je quitte la terre
J'irai peut-être au Paradis
Mais dans un train d'enfer

Je n'ai besoin de personne
En Harley Davidson
Je ne reconnais plus personne
En Harley Davidson
Et si je meurs demain
C'est que tel était mon destin
Je tiens bien moins à la vie
Qu'à mon terrible engin

Je n'ai besoin de personne
En Harley Davidson
Je ne reconnais plus personne
En Harley Davidson
Quand je sens en chemin
Les trépidations de ma machine
Il me monte des désirs
Dans le creux de mes reins

Je n'ai besoin de personne
En Harley Davidson
Je ne reconnais plus personne
En Harley Davidson
Je vais à plus de cent
Et je me sens à feu et à sang
Que m'importe de mourir
Les cheveux dans le vent
Pas de questions, tout est dans la position. Position que ma boss qualifiera de « moule accrochée à son rocher ». Ouais, c’est pas faux. En attendant, j’en connais une qui a remonté l’avenue de Wagram jusqu’au rond-point de l’Etoile, descendu vers le Trocadéro, remonté les quais de l’autre côté de la scène jusqu’aux Invalides, et de là, a pris le pont Alexandre III et longé le Grand et le Petit Palais avant de rejoindre la Concorde (où les rugbymen défilaient pour moi de leur retour de NZ, sympa les gars) et de longer le Louvre pour finalement s’arrêter devant un grand hôtel de la rue de Rivoli.

Bon, il n’est peut-être pas nécessaire de spécifier que j’étais tellement tendue que j’en ai chopé un torticolis et un mal de dos de chien. Sans parler des cheveux raplapla en enlevant le casque (cheveux dans le vent mon cul oui, t’as vu ça où BB ?!). Et justement, parlons-en de mon cul : j’ai mal. Et je ne vous parle pas de cette sensation tout aussi désagréable à l’avant: j’ai l’impression d’avoir la chatte en feu ! Sorry, c’est pas classe, mais c’est tellement vrai ! J’ai la sensation d’avoir passé une nuit d’enfer à me faire sauter comme une lapine (si seulement). Je suppose que porter un collant sous le jean n’aide pas.

Peu importe, je suis désormais garée devant le Meurice, et je serai très glam-chic (une fois m’être changée et recoiffée aux toilettes bien sûr). Je commande un Starky (non, pas comme Starsky et Hutch mais comme le cocktail à base de Champagne, menthe et gingembre) que je sirote lentement (au prix de la lampée on comprend pourquoi) avec mes amies.

Puis direction le quartier japonais pour un dîner rue Ste Anne. La transition avec le Meurice est étonnante, ici c’est bruyant, rapide, il fait trop chaud, on mange pour quelques euros, mais c’est ce contraste que j’aime.

Ma collègue ma raccompagne gentiment jusqu’à mon chez moi où je remercie les dernières personnes qui ont pensé à moi : je me suis en effet fait une promesse de répondre à tous mes amis, collègues, ma famille, bref, tous ceux qui ont contribué à faire de cette journée un anniversaire inoubliable.

Il n’y aura finalement que ce mec chez qui j’avais passé une nuit fin août (cf article « Parfaite Bridget » du 21 août 2011 : http://ilfautsouffrirpouretreblonde.blogspot.com/2011/08/parfaite-bridget.html) qui a lui aussi pensé à moi (et Dieu sait que ça a été une surprise) et qui aura eu sa réponse bien sentie :
- Lui : « Joyeux anniversaire ! 30 ans c’est beau… »
- Moi : « Tiens tiens, je ne savais pas que tu avais gardé mon numéro ou même que tu penserais à moi un jour… Pique de le trentenaire que tu n’as jamais rappelée… J’ai dû louper un épisode ce jour-là. Je n’ai toujours pas compris d’ailleurs…
Ps : Tu l’as bien méritée celle-là, non ? Mais merci pour ton message. Bridget »

Évidemment, pas de réponse, en même temps, quand un mec n’a pas de couilles, on ne peut pas espérer qu’elles poussent d’un coup.

Finalement, je me couche ravie, ébahie, rassurée, heureuse, comblée, fière, épanouie, sereine. Et trentenaire.

lundi 17 octobre 2011

Et bim.

Bref. Je suis allée à cette soirée samedi. Y avait ce mec, Brandon, qui me drague depuis plus d’un an. Au moment de sabler le champagne, assis côte à côte…

Il a dit : Ben alors Bridget, t’es la seule qui n’a pas eu de coupette ?! Je te sers ?
J’ai dit : Non, merci.
Il a dit : Pourquoi, t’es enceinte ?
J’ai dit : Non.
Il a dit : T’es enceinte et tu sais pas qui est le père, c’est ça ?
J’ai dit : (Rien).
J’ai dit : C’est dégueulasse ce que tu viens de me dire. Qu’est-ce que tu sous-entends ? Que je me tape tous les mecs qui passent ?
Il a dit : Ouais. Tous. Sauf moi.
J’ai dit : (Rien. Je me suis levée et je me suis barrée.)

Bref. J’ai pris une claque.

dimanche 16 octobre 2011

Chasse, pêche et… tradition

Pas de news de notre target n°3 ?! Et bien non, et voici en résumé le pourquoi du comment :

Alors que je me transformai en Diane chasseresse lors de cette fameuse « soirée à targets », l’œil vif, aux aguets, les cils papillonnant, la poitrine en bouclier et les phéromones en ébullition, ma target n’avait qu’une idée en tête : la pêche à l’ex. Bon, moi clairement, la pêche c’est pas mon truc, suis décidément trop impatiente pour attendre, attendre, et encooooore attendre que le poisson daigne mordre enfin à l’hameçon.

Comment le sais-je ? Tout simplement parce que – malgré mon aversion pour cette pratique - je suis allée à la pêche… aux infos ! Alors oui, il m’a trouvée sympa, mignonne, bla bla, bla bla, MAIS… ex dans les environs = abdication !!!

Fin de l’histoire somme toute assez traditionnelle en ce qui me concerne : y a un peu toujours un grain de sable dans l’engrenage, non ? Toujours un MAIS qui traîne.
Je rentre donc bredouille, la besace vide, jusqu’à… la prochaine « party »… de chasse !

mercredi 5 octobre 2011

Target d’un soir… tu vas voir !

Il y a cette question, qui, je suis sûre, hante vos nuits depuis la lecture de mon dernier billet : Bridget a-t-elle eu des nouvelles d’(au moins)une de ses targets ?
Réponse : Non, évidemment : Target d’un soir… Au revoir ?
Pourquoi ne suis-je pas étonnée ?

Eh bien je n’aime pas particulièrement faire des généralités, mais ces ô combien longues années de célibat ont eu raison de mes convictions de départ.
Je finis donc - malgré moi et j’en suis désolée - par classer ces chers messieurs en deux catégories :
1. Ceux qui veulent… te baiser, ou : Target d’un soir, marque son territoire. Et qui, une fois qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient, t’oublient instantanément. Des exemples ? On en a toutes, et moi en particulier, merci.
2. Ceux qui veulent… apprendre à te connaître (dans mes rêves) mais qui n’ont pas les couilles de t’aborder/de te proposer d’aller prendre un verre/de prendre ton 10 chiffres/de te faire la cour, ou : Target d’un soir… en manque de superpouvoirs.
Il semblerait que les targets de samedi appartiennent à cette seconde espèce. C’est toujours mieux que d’appartenir à la première après tout, ne soyons pas défaitistes. J’ai pourtant lancé des signaux qui me semblaient clairs, mais je suis soit trop subtile ( ?!), soit trop… impatiente (ENCORE ? Oups).

So what ? Target d’un jour… target sans retour ?
Quoi qu’il en soit, puisque j’ai décrété que de quête du prince charmant il n’y aurait plus, je ne relance pas. Bon, ça ne m’empêche pas de vérifier 960 fois par jour que je n’ai pas de demande d’invitation Facebook ou de mail fraîchement arrivé (calcul savant pour une blonde : une fois par minute pendant mes 16h d’éveil sachant qu’une heure compte 60 minutes…). Que voulez-vous, on ne peut pas se refaire complètement non plus. Ça se saurait.

Je ferais bien le premier pas, mais je sais par expérience que je suis du genre à effrayer la gent masculine, alors je m’abstiendrai : Target d’un soir… flippe au bout du couloir.
Alors quoi ? What’s next ? Ben en fait rien. Wait and see. Je continue à garder une toute petite - minuscule - microscopique - mais néanmoins nécessaire - lueur d’espoir : Target d’un soir… il faut toujours y croire !

mardi 4 octobre 2011

Le parcours du combattant de la parfaite célibataire (blonde de surcroît) - Épreuve N°2

Le parcours du combattant de la parfaite célibataire (blonde de surcroît) :
Épreuve n°2 : Survivre à une soirée où j’ai croisé… hum… 4 de mes ex (mes calculs étaient donc exacts et je m’en serais bien passée) !

Je crois que je mérite une médaille pour avoir survécu à cet anniversaire. Voici les faits :

Samedi, 17H30 : Après une après-midi au parc avec Aurél à se raconter nos dernières histoires (d’amour, de cul, de boulot, de copines, etc.), retour à la case « appart de Bridget » pour une transformation physique en bonne et due forme – On a un planning à respecter, nous. On n’est pas là pour trier les lentilles.

Et cela commence par un essayage de la short-list vestimentaire pour que mon amie entérine mon choix, à savoir la petite robe noire avec dentelle + chaussures dorées, 10 cm de talon.
Elle acquiesce, je doute, elle me rassure, je doute, elle valide, je ne doute plus.
Ou presque…Trop habillée ? Peut-être… Je balance un petit texto à l’organisateur « est-ce qu’on peut être un peu sapées ? - Smiley qui rit » - Réponse immédiate : « Bah bien sûr ! - Smiley clin d’œil ». Je repasse malgré tout la petite robe gris/bleu, un peu plus casual, pour ne pas avoir de regrets…
Et retourne finalement à la petite robe noire – dentelle – chaussures – dorées – 10 cm – Aurél me dit que c’est « l’effet waouh garanti ». Je ne doute vraiment plus.

19H : Prêtes ! Tout est au poil : les ongles vernis, les cakes dans le sac avec les cadeaux, les chaussures plates aux pieds. Dans le Darel : pansements, bonbons pour l’haleine, lingette rafraîchissante, rouge à lèvres, miroir de poche, mouchoirs, stilettos. Dernier check-up avant le départ, OK. On est bonnes (dans tous les sens du terme).
20H24 : Assise sur le siège du métro à la station Rome, je surveille le quai : pas de tête connue, je peux donc enfiler mes échasses en toute discrétion.

20H30 environ : Je respire. On y est. 30 ans obligent, nous étions nombreux à nous retrouver dans ce bar du 17ème... Ma première impression : oh putain, tout le monde est hyper sapé. Je respire. Aurél a bien fait de me pousser à assumer le « waouh effect », je ne dénote pas.
Coup d’œil 360° : ex N°1 est déjà dans la place, avec sa copine (ex par ordre d’arrivée à la soirée et pas forcément par ordre de priorité dans la liste des ex, c’est plus simple pour mon histoire). Je ne respire plus. Je tremble. Il va falloir se calmer ma petite Bridget. Je fais le tour des bisous l’air de rien et zyeute la « bassine » de punch. Voilà de quoi stopper les tremblements. Ce soir, c’est décidé, je mange liquide.


Je ne regarde plus du tout l’heure parce que c’est une soirée vraiment super sympa ! Je vois des gens perdus de vue depuis longtemps, je repère une (première) target : blondinet, jeune, chemise bleue, footeux, je retrouve des personnes qui me sont extrêmement sympathiques, je découvre de nouvelles têtes. J’entame mon quatrième verre de punch (à la vodka). Tout cela est parfait.

Je reçois des compliments qui ne sont pas piqués de la gaufrette, voyez donc :
- « The gay guy » of the soirée décrète devant une bande de mâles hétérosexuels en rut : «Je disais que j’adooooore ton style » (oui, oui, je cite). Et comme le savent toutes les filles de cette planète, un gay ne fait pas de compliment à une fille s’il ne le pense pas, et comme les gays eux-mêmes sont nés avec du style, c’est plus qu’un compliment, c’est un adoubement. Je suis flattée, j’exulte, je bois du petit lait. Vraiment super sympa cette soirée, y a pas à dire.
- « Bonjour Bridget. Ben dis donc les filles rivalisent d’élégance ce soir ».
Hop, je saute sur l’occasion et sur le jeune homme a priori intéressé (et hétérosexuel par-dessus le marché) pour entamer une mise à niveau et flirter l’air de rien : « Alors, qu’est-ce que tu deviens depuis la dernière fois ? Si je me souviens bien, tu venais de commencer un nouveau boulot… » A noter : Bridget a une mémoire d’éléphant sur ces petits détails, ce qui peut parfois me permettre de marquer facilement des points. Target n°2 ? Vendu !

Alors que nous conversons et que j’entame mon sixième verre de punch ( !), un autre jeune homme, casque de scoot à la main, me fonce dessus (littéralement, mais je ne vais pas m’en plaindre). « C’est toi Bridget ?». Tentée de lui répondre « Qui d’autre mon lapin ? », que je troque pour un « Oui… ?! » un peu interloquée.
Il voulait me remercier pour l’organisation du cadeau, auquel il a participé… Je re-saute (toujours sur l’occasion, enfin pour le moment) pour entamer la conversation et laisser tomber lâchement la target n°2 car je crois que j’ai trouvé la target n°3… Aucune pitié donc, d’autant plus qu’il est drôle l’animal, et comme le veut le vieil adage : femme qui rit, femme à moitié dans ton lit. Encore faut-il avoir la bonne moitié, certes, et comme je suis une femme entière, je lui donnerai tout. Enfin, on n’en est pas là – pas encore.

Il finit par s’éclipser, je rejoins alors la target n°2 parce que je suis chaude je ne lâche rien je suis désespérée il est extrêmement sympathique bien sûr. Mais… que vois-je ??? Oh my God, ex N°2 est dans la place, au bras de sa pineco (mouais, bof jolie, non ?). Bon, alors lui pour le coup, je préfère l’ignorer, c’était une erreur d’un soir. Pas de quoi se vanter (enfin surtout lui).

La fête bat son plein, il n’y a plus de punch dans la bassine, l’ex N°2 vient me taper la bise (beurk). L’air de rien, je passe d’un groupe à l’autre en essayant autant que possible de me rapprocher de la target n°3, un verre (vide) à la main pour me donner une contenance car l’EPREUVE de la soirée reste à venir : ex N°3 et pas des moindres, Thomas, tarde à ramener sa fraise, et plus j’attends, plus je stresse. Par principe, pas par conviction, faut pas tout mélanger non plus. Une fois qu’il arrive, je me sens mieux, soulagée. Je fête ça avec un petit Cosmo et trinque avé les copines au bar.

C’est à ce moment que surgit la target n°4, un peu timide, qui me branche foot : comme j’avais révisé mes fiches Bristol (Ligue 1, transferts, Ligue des Champions, matchs récents et à venir), je l’impressionne. Un point pour Bridget. Et tac.

Ah, mais voilà l’ex N°4 ! Oh il est bien sympa, je n’ai rien à lui reprocher. Ce n’était pas le bon moment pour moi, c’est tout. Je lui claque la bise, on discute 5 minutes (2 minutes ?) et le tiercé gagnant : gâteau + Champagne + cadeaux arrive !!!

3 coupettes de Champ plus tard, que dire ? My MODJO is back !!!

2H : Le bar nous met à la porte, il est temps de repasser à plat : je quitte mes chaussures de princesse pour repasser aux bonnes vieilles ballerines (neuves et pailletées, faut pas déconner non plus). Je frôle la target n°3 (qui reste de loin THE target of THE soirée) et lui lance (par en-dessous puisque je ne fais plus qu’1m60 grrrr) : « ça y est, Cendrillon est redevenue citrouille ». La réponse ? : « Une très jolie citrouille alors ».
1ère réaction : C’était qui déjà les autres targets ?
2ème réaction : Heureusement qu’on est sur le trottoir, entourés de mes ex, parce que :
1. Il a réussi à me faire piquer un fard.
2. Je le violerais bien, là, maintenant, tout de suite.

Et si on se faisait une after comme des djeuns que nous ne sommes plus ? Entraînés par Thomas, nous voici arpentant tout le 8ème pour rentrer dans une boîte… branchée of course. Tu parles ! C’est qu’il faut montrer patte blanche de nos jours - et moins de 18 ans de préférence – nous nous faisons donc refouler un certain nombre de fois (systématiquement en fait).
Moi, qu’importe, la target est toujours là près de moi, le reste je m’en fous royalement. On en profite pour continuer à flirter, ça commence à bien me plaire tout ça.
Malheureusement, la soirée touche à sa fin : le prince, fier chevalier, récupère sa monture (bref : la target chope son scoot) et la princesse, Cendrillon, rejoint son carrosse (bref : Bridget se fait raccompagner par Thomas en Mini, trop contente de ne pas avoir à chercher un tacos à 4H du mat en mini-jupe avec Aurél comme des crevardes sur les Champs).

C’est à ce moment précis que j’entre dans la 4ème dimension. Est-ce que cette situation n’est pas trooooop bizarre ? Si, bien sûr, ce n’est pas bizarre, c’est tout simplement inimaginable, inconcevable, invraisemblable !. Quel chemin parcouru depuis des années pour en arriver LÀ. Ça peut sembler dérisoire, mais c’est une victoire sur moi-même, je vous le garantis.

J’ai changé. La preuve ? Je n’ai pas demandé à ma target son 06 (je bouillonnait intérieurement, certes, mais je n’ai pas craqué), je ne lui ai pas enregistré mon 10 chiffres de force dans son téléphone non plus.

Bilan de cette soirée : le « waouh effect » a bien fonctionné. Mon MODJO a battu son plein. Je n’ai pas joué, j’étais moi-même, et ça me va bien.

PS : Alors cette médaille ???!!!


vendredi 30 septembre 2011

Le billet : L’humeur du jour

Vendredi 30 septembre 2011, 16H30. Le week-end est à portée de main.

J’ai passé la matinée à :

- Me demander quelle tenue j’allais finalement choisir de porter samedi soir, et avec quelles chaussures, et avec quels bijoux, et avec quel sac. Et si vraiment je réussirai à perdre 3 kilos d’ici demain, 20H.
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- M’imaginer exerçant un autre métier : bloggeuse professionnelle, institutrice, psy, chef dans un restaurant, chômeuse.
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Surfer sur le site de Louboutin et me demander comment on pouvait décemment chausser des stilettos de 12 cm (hauteur moyenne des talons) dans Paris, et me dire qu’il faudrait une voiture avec chauffeur assortie aux chaussures.
- Eliminer chômeuse de la liste, parce qu’une chômeuse avec des Louboutin c’est louche.
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Regarder le dernier Bref. Rire. Regarder le Petit Journal d’hier. Rire. Regarder le SAV des Emissions. Rire. Me dire que chroniqueuse sur Canal ce serait pas mal aussi. (Rires.)
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Donner des ordres à mon équipe. Faire genre j’ai plein de trucs hyper importants à faire, c’est pour ça que je vous donne des ordres et que je vous laisse « les petites choses ». C’est comme ça, c’est la vie. Et non, ce n’est pas juste. Enfin… pas pour vous.
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- M’interroger sur l’intérêt de créer une « Nana 2 en 1 : le 1er double protège-lingerie » ??!! Et finir par l’essayer pour comprendre le concept. Laisser tomber, trop d’effort.
- Quelle salade je vais choisir à midi… Plutôt entrée/salade ou salade/dessert ?…
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Fantasmer sur mon très grand collègue (celui dont j’ai rêvé cette nuit-même, et c’était plutôt chaud) en me demandant si tout chez lui était proportionnel ?

J’ai passé l’après-midi à :

- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Papoter avé les copines autour d’un thé vert. Rêver que ce soit un ptit Martini blanc ou un verre de Santenay. Penser aux 3 kilos en trop et se dire que le thé vert, c’est détox, et donc beaucoup mieux.
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Attendre l’heure d’aller à la gym pour mon 9ème cours du mois (yeah baby !), histoire de me coucher ce soir en ayant l’impression de m’être donnée un peu.
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Espérer que la rédaction de ELLE aime mon blog.
- Rafraîchir ma page Facebook et ma boîte Yahoo.
- Ecrire cet article.
- Me dire que j'ai vraiment une vie trèèèèèèèèèès difficile.
- En profiter.

lundi 26 septembre 2011

Saturday night fever chez Maman et Papa Bridget

Alors que je feuillette le Cosmopolitain du mois de juillet affalée dans mon canapé, c’est l’explosion de rire. L’article sur lequel je suis tombée me laisse sans voix, tout simplement parce que j’aurais pu l’écrire : ce passage, c’est un petit bout de ma vie.
Le titre : « A deux, est-ce que c’est mieux ? », que j’imaginais être un nouvel éloge de la vie en couple. Je ne sais pas si l’auteur est célib, mais elle me met un peu de baume au cœur. La dernière rubrique de l’article est la suivante :

« Rendre visite à mes parents.
Version mono : Je jette ma valise dans ma chambre d’ado, celle avec les posters de Boyzone et de Worlds Apart, et je pars en virée shopping avec ma mère. Le soir, mon père débouche un petit rouge qu’il gardait et après le dîner on se vautre devant une émission de variétés les jambes écartées en se tapant le bidon – on a bien mangé. Je porte des chaussons trop grands prêtés par maman. Des mules en fait. »

Bien plus funky que la version duo ! Je lâche un gros pouffement de dinde (célibataire) sur mon canapé Ikea et décide de conserver ledit article pour le faire lire à mes chers géniteurs lors de ma prochaine virée dans la banlieue nord de notre capitale :

- J’arrive et je me manifeste (bruyamment) pour que mon père range ma voiture dans le garage et m’aide à monter ma valise. Un seul regard me permet d’évaluer son humeur – après tout on se côtoie depuis 30 ans.
- Petite valise que je pose dans mon ex-ex-chambre, celle qui a du papier peint rose avec des petits oiseaux.
- Et je monte dans mon ex-chambre (tout court), là où trône une grande affiche de Bridget au mur (pour de vrai) et les CD des Backstreet Boys, Worlds Apart, 3T, GSquad, MN8 et tutti quanti dans la tour prévue à cet effet.
- Chez nous, le shopping c’est le lendemain matin à la fraîche parce que… y a moins de monde et qu’on est des lève-tôt.
- Passons aux choses sérieuses : quand je suis là, c’est apéro ! Papa débouche un bon Bourgogne choisi préalablement et avec soin dans sa cave. Il est en général excellent, charpenté, et de préférence rouge, et je picole toujours un peu plus que mes parents (réunis), raison pour laquelle je n’échappe jamais au « mais quelle pochtronne ! ». Maman sort le trio gagnant : chips – olives – Apéricubes et on s’assoit en tailleur autour de la table basse dans le salon, en regardant un truc débile à la télé. Tout pour ne pas parler de vrais sujets de fond en somme.
- Puis on passe à table – mais Maman et moi n’avons clairement plus faim. C’est de la pure gourmandise. Papa, lui, est un estomac sur pattes, donc il crève la dalle (alors qu’il a mangé des chips en cachette avant qu’elles arrivent, ce qui nous fait systématiquement ouvrir deux sachets plutôt qu’un…). Au dîner ce soir (Mamounette cuisine bien, y a pas à dire) : dos de cabillaud et poêlée carottes-courgettes. Un délice bien sûr mais « el padre » trouve le moyen de se plaindre : le poisson ça pue et les légumes c’est toujours moins bon qu’un bon plat de pâtes/pommes de terre. Mouais, en attendant, les assiettes sont vides.
- Le repas terminé, les filles débarrassent (trop compliqué/contraignant pour le Daddy qui lui se barre en douce) et tout le monde passe par la case pyjama, parce que dans la famille de Bridget, on ne conçoit pas de passer sa soirée autrement qu’en pyjama. On aime le confort, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. Il y en a 3 qui m’attendent dans le tiroir de mon ancienne commode, « parce que ce sera toujours chez toi ici ». Ils sont de fait fraîchement lavés et repassés, et tous plus ringards les uns que les autres.
- C’est là, précisément, que nous aurions pu être pris en photo pour illustrer le fameux : « Après le dîner on se vautre devant une émission de variétés les jambes écartées en se tapant le bidon – on a bien mangé. Je porte des chaussons trop grands prêtés par maman. Des mules en fait. ». Avec un seul bémol, pas de mules chez maman Bridget, mais plutôt des contretypes Isotoner (pas sûre que ce soit mieux).
- Et avec un net changement par rapport à d’habitude puisque c’est le moment que je choisis pour leur lire l’article et que finalement, « après le dîner on se vautre devant une émission de variétés les jambes écartées en se tapant le bidon – on a bien mangé. Je porte des chaussons trop grands prêtés par maman. Des mules en fait ».
- Oui, certes. Mais ce soir, grâce à Cosmo, on rit, on rit, on rit.

Cherchez Bridget

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Je suis une femme. Et ouais, plus de « Hé Mademoiselle » qui traîne : à 30 ans, je suis passée du côté obscur de la force. Je suis blonde. Oui, oui, une vraie, à l’état naturel. Avec tout ce que ça comporte comme préjugés. Ma meilleure défense et en même temps mon meilleur plan d’attaque : le classique : « hum, c’est mon côté blonde », valable en toutes circonstances, avec en option le doigt sur la bouche pour le côté naïve-coquine-irrésistible. Pour le meilleur et pour le pire. Parce qu’il faut souffrir pour être blonde, ça se travaille et ça s’entretient Madame, j’vous le dis moi. Je suis célibataire. Un peu. Souvent. De façon récurrente. TOUJOURS. TOUT LE TEMPS ! Ok, ok, je suis un cas désespéré. Je suis drôle bien sûr. Et j’assume. BREF, JE SUIS BRIDGET ! Quand j’ai commencé à écrire ce blog, j’avais simplement envie de partager mes mots et mes maux, comme une thérapie. Maintenant, c’est BEAUCOUP plus que ça : c’est mon petit coin de paradis, c’est mon grand plaisir, c’est ma fierté. Alors « come on in » : ris, pleure, râle, aime-moi, insulte-moi, mais surtout, surtout : amuse-toi autant que moi !!!